Durant vingt ans Apostrophes fût l'émission littéraire constipée et chauvine par excellence. Bukowski est prié par son éditeur français d'accepter l'invitation que lui fait la télévision française. Le résultat fût détonnant. Le vieux dégueulasse ne tient pas du tout au voyage et, pour changer, s'arsouille la gueule bien avant de rejoindre le plateau, détail qu'oubliera de préciser l'immondice qui sert de présentateur à l'émission : Bernard Pivot. Considéré sous un jour plus actuel, l'homme de télévision semble absolument odieux et suffisant, méprisant l'auteur tout au long de l'émission, mais il faut dire qu'à l'époque (nous sommes en 78, sous Giscard) l'attitude de Bukowski avait littéralement défrayé la chronique. Reste que son apparition avait permis aux ventes de l'américain de décoller dans l'hexagone.
A propos de cette expérience Bukowski racontera plus tard : "Ha ! Ha ! Ha ! Je me fous toujours dans des situations pas possibles. Mais quelle coterie de snobs ! C'était vraiment trop pour moi. Vraiment trop de snobisme littéraire. Je ne supporte pas ça. J'aurais dû le savoir. J'avais pensé que la barrière des langues rendrait peut-être les choses plus faciles. Mais non, c'était tellement guindé. Les questions étaient littéraires, raffinées. Il n'y avait pas d'air, c'était irrespirable. Et vous ne pouviez ressentir aucune bonté, pas la moindre parcelle de bonté. Il y avait seulement des gens assis en rond en train de parler de leurs bouquins ! C'était horrible... Je suis devenu dingue."
Il n'y a plus qu'à apprécier.
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"Pourquoi ? Pourquoi quelque chose est beau, pourquoi quelque est très beau ? C'est. C'est comme ça. J'ai lu Bukowsky, j'ai pleuré de plaisir."
RépondreSupprimerBeau moment d'interview tout de même. Non ?
erratum: "quelque [chose]", ligne 1.
RépondreSupprimerOui c'est joli et assez juste. Malgré la moustache... :)
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